Gier dans mes cordes – shibari d’artiste 8


Je me permets de reproduire ici (avec son accord) ce bien beau texte de Gier, ami peintre marseillais que j’ai eu l’occasion de rencontrer en Octobre pour un session intimiste de shibari en deux parties. D’abord les cordes entre nous dans une atmosphère feutrée comme j’aime à les créer, puis Selena étant venue nous rejoindre pour faire la connaissance de Gier et discuter j’ai proposé de refaire les mêmes attaches afin que Gier puisse voir ce qu’il avait vécu quelques instants avant.

Un moment hors du temps et fort agréable que j’espère pouvoir reproduire mais cette fois ci ce sera peut être en bordure de méditerranée, en tout cas j’y suis invité !

Voici donc les mots de Gier :

Or donc mardi dernier, j’ai tenu salon avec Emmanuel et Selena. Et de m’approprier, l’espace d’une soirée, ce boudoir japonais que certains d’entre vous connaissent, soit par les photos, soit pour l’avoir fréquenté.

Ce fut une riche soirée au cours de laquelle Emmanuel, hôte exquis et pédagogue passionné, m’a longuement initié à l’art et à l’histoire du shibari, avant de passer aux exercices pratiques. Comprenez par là, un encordage.
Entre ambiance Zen et moments plus viril, j’ai pu me laisser aller à ce plaisir étrange qui consiste à s’abandonner entre les mains de cet autre que je ne connais pas, ou si peu et a qui je décrète de faire confiance.
La corde, voluptueux serpent glisse avec douceur sur la peau. Les membres sont enserrés, nulle crainte. Il faut se laisser aller à la confiance. Les 40 mètres de corde ont volé autours de mon corps, elle me cerne, m’enveloppe autant qu’elle me laisse nu et sans défense. Ce fut, ma foi, délicieux ! Et il y a aussi cette étrange sensation d’être tour à tour bousculé et caressé par un homme dont je suis à la merci.

Vint ensuite le tour de Selena. Malicieuse et décomplexée, la belle est passée elle aussi dans les cordes d’Emmanuel qui l’a emmené aux portes du plaisir. Ce fut un instant fort troublant qui m’a permis d’admirer la régularité, l’harmonie des nœuds, leur beauté et l’amplitude du geste de l’artiste. Car si la corde travaillée savamment recèle intrinsèquement sa dose de beauté, si le corps ligoté est contraint à des poses qui mettent en valeur ses courbes, ses pleins et ses déliés, si la situation contient sa part d’esthétique, la gestuelle de l’encordeur fait parti du spectacle. Les moments d’énergie succédant à ceux d’apaisement constituent une partie non négligeable du plaisir de la séance, dont on ne peut gère profiter quand on est attaché.

Selena revenue à elle, si je puis dire, car elle semblait être partie très très loin, j’ai reçu en cadeau une corde usagée que j’ai appris à plier. Je dois bien avouer ici que je ne me suis pas révélé être le plus doué des élèves ! D’ailleurs le lendemain j’ai déplié la corde pour essayer de mettre en pratique les précieux conseils d’Emanuel et Selena… mais sans grand succès.

J’ai passé une bien belle soirée . Je ne découvrais pas tout à fait les cordes. J’avais déjà été suspendu et attaché mais j’ai redécouvert avec plaisir cet art de la mise en scène du corps, qui l’emprisonne pour mieux permettre à l’esprit de s’évader.

Merci à mes deux partenaires d’un soir.


Pour en découvrir plus sur l’univers de Gier et ses œuvres c’est ici : http://www.gier.odexpo.com/


Voici quelques photos réalisées lors de cette soirée :

Modèle : Gier

Photo et shibari : Emmanuel Créateur

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Emmanuel Créateur

A propos de Emmanuel Créateur

Couturier des cordes (shibari) et créateur de liens émotionnels Amateur d'arts érotiques et hédoniste au quotidien, japonais dans une autre vie, parfois dandy et souvent gastronome.


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8 commentaires sur “Gier dans mes cordes – shibari d’artiste