Tuto shibari 4 : conseils de sécurité 3


Le shibari est par essence une pratique dangereuse assimilable à un sport extrême. Gardez en mémoire que ces technique ont pour origine le Hojojutsu, un art martial utilisé par les policier japonais à l’ère médiévale japonaise pour arrêter, juger et éventuellement exécuter des malfrats.img_4250

Ancienne photo de hojojutsu – collection du musée Guimet

Si les techniques ont grandement évolué depuis, elles n’en restent pas moins risquées et nécessitent une bonne connaissance du corps humain. A ce titre, je vous encourage fortement à apprendre auprès de professionnels. Toutefois, voici une petite liste, non exhaustive, de geste dangereux et à éviter. A la fois à destination des attacheuses / attacheurs et des modèles. Savoir reconnaître lorsque l’on prend un risque c’est le premier pas pour éviter une mise en danger. Certains conseils peuvent paraître être du bon sens, l’expérience prouve qu’ils ne sont pas toujours respectés.

 

Toujours attacher / être attaché-e en pleine possession de ses moyens

Ne jamais attacher ou être attaché-e sous l’emprise de l’alcool, de drogue ou de médicaments. Si les deux premiers sont évidents, certains traitements médicaux peuvent aussi altérer la conscience, diminuer les réflexes et les sensations.

 

Respecter le consentement de la personne attachée

Attacher ne vous dispensera jamais de respecter le consentement de l’autre. Assurez vous de bien discuter, avant d ‘attacher de préférence, de ce que vous ferez dans les cordes. En particulier si vous envisagez des caresses sexuelles.

Prenez conscience aussi qu’une fois attaché, votre partenaire peut rapidement tomber dans une forme d’extase ou de transe et ne plus être en mesure d’exprimer un consentement conscient, d’où l’extrême importance de discuter préalablement.

 

Ne pas attacher sur les articulations

Les articulations sont les endroits les moins protégés du corps : pas de muscles, les nerfs et les vaisseaux sanguins y sont particulièrement exposés et donc sensibles. On attache donc en évitant les articulations, de préférence aux endroits où les muscles sont les plus épais. Bien évidement on évitera d’impact de les nerfs et les vaisseaux sanguins.

A éviter : attacher sur les articulations

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A faire : attacher sur les muscles

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Gardez en tête de toujours protéger la face interne de vos poignets

Cette zone est particulièrement sensible. Tout y est affleurant. On fait donc très attention à la manière dont on place ses poignets.

A éviter : comprimer la face interne des poignets

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A faire : protéger la face interne des poignets

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Ne pas faire de garrot ou d’attache qui comprime les membres

Le nœud de départ d’un shibari (本結び – Honmusubi le plus fréquemment) est un nœud autobloquant sur lequel on laisse une petite marge de sécurité (l’espace d’un doigt) afin de ne pas comprimer le ou les membres attachés. Ce nœud ne doit pas se resserrer lorsqu’on tire dessus mais doit aussi être facilement détachable.

A ce titre, il est fortement déconseillé dans la majorité des cas de débuter un shibari par une attache de type nœud coulant qui va immédiatement comprimer le membre concerné.

A éviter : nœud coulant

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A faire : nœud autobloquant (本結びhonmusubi)

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Connaître les emplacements des principaux nerfs et vaisseaux sanguins

En particulier sur les bras et les jambes.

Un des accident les plus courant est le blocage du nerf radial. Ce nerf parcours tout le bras, comme deux autres nerfs, et sert à la mobilité des doigts de la main. Ce type d’accident entraine une paralysie temporaire, parfois permanente du bras. Vous et la personne qui vous attache devez contrôler la mobilité et la force de vos doigts à tout moment en cas de doute. A la moindre alerte, détachez immédiatement. Ne prenez jamais de risque inutile.

La place des cordes a rédigé une très bonne brochure de prévention à ce titre.

 

Ne jamais laisser seule une personne attachée

Sous aucun prétexte vous ne devez perdre le contact visuel de la personne que vous attachez, vous avez la responsabilité de sa santé et de son intégrité.

Certaines positions sont particulièrement inconfortables : bras dans le dos, bras au dessus de la tête par exemple et ne peuvent être tenues plus de quelques minutes.

Certaines positions ou compression peuvent entrainer une perte de connaissance et entrainement une situation médicale d’urgence, complexifiée par la présence des attaches.

 

Protéger la peau de vos modèles

Ne pas faire glisser des longueurs de cordes importantes sur la peau des modèles mais plutôt sur ses propres doigts.

Ne jamais pincer la peau entre deux cordes.

Ne pas faire se chevaucher deux cordes.

 

Ne pas suspendre sans avoir un très bon niveau.

Si la suspension est considérée à l’heure actuelle comme l’aboutissement du shibari, rappelez vous aussi que c’est la pratique la plus risquée et qu’elle est pratiquée normalement par des personnes ayant une grande expérience.

La suspension n’est aucunement nécessaire pour faire de belles choses ni pour faire jouir son / sa partenaire dans les cordes. Prenez l’exemple de Haruki Yukimura, un des plus grands maitres japonais du shibari, celui ci ne faisait quasiment jamais de suspensions. Pourtant ses techniques sont parmi les plus érotiques et son style a inspiré beaucoup de grands artistes actuels. Il a réalisé grand nombre de films et a eu un nombre incroyable de modèles.

Soyez humble.

Dans un premier temps, il convient aussi de limiter à 5 minutes le temps de suspension. En effet, c’est le temps de référence médicalement en cas de compression d’un vaisseau sanguin pour ne pas avoir de dommages. Au delà vous prenez des risques dont vous ne mesurez pas les conséquences.

 

Rien ne vaut de prendre des risques

Préservez vous à tout prix et en toute circonstance.

Signalez tout problème immédiatement à votre attacheuse / attacheur, contrôlez régulièrement la sensibilité de votre modèle.

On peut facilement avoir tendance à passer outre la douleur :

  • pour faire une belle photo,
  • pour réaliser une belle figure,
  • pour faire plaisir à l’autre,
  • dans un cadre BDSM…

Tout cela n’est pas important en comparaison de votre santé, une photo, une figure, vous avez des milliers d’autres moments pour les faire. Ce ne sera pas le cas si vous ou votre partenaire souffrez d’une paralysie.

Et ayez toujours sous la main de quoi sectionner en sécurité vos cordes si besoins (comme des ciseaux EMS utilisés par les urgences).

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Plus d’infos sur la sécurité sur http://www.bdsminfo.org/accueil.php?page=f52bondagcordes3

 


 

Retrouvez d’autres tutoriels sur le shibari ici : https://boudoirshibari.com/category/tutorial-shibari/

Le shibari reste une pratique dangereuse et je vous conseille de l’apprendre dans un lieu sécurisé avec des professionnels. Un tutoriel ne vous donnera jamais les tensions exactes à appliquer sur les cordes ni ne corrigera vos erreurs. Il existe plusieurs structures en France qui donnent des cours, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’une d’entre elle pour apprendre et vérifiez qu’elle dispose bien des assurances adéquates pour exercer.

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Emmanuel Créateur

A propos de Emmanuel Créateur

Couturier des cordes (shibari) et créateur de liens émotionnels Amateur d'arts érotiques et hédoniste au quotidien, japonais dans une autre vie, parfois dandy et souvent gastronome.


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