Seul face à moi même 15


Je réfléchi trop, ce blog en est bien la preuve.

Etre libertin c’est faire selon ses envies, se moquer des conséquences, faire fi des règles culturelles et sociétales, ne pas se poser de question, jouir du moment présent. On pourrait quasiment faire l’analogie avec le Dominant, même si ce n’est pas la définition communément admise.

Et pourtant je n’arrive pas à faire comme tous ces libertins et dominants dont je lis les blogs qui foncent sans réfléchir. J’ai parfois l’impression d’être seul au monde. J’ai parfois envie de me débarrasser de tous ces parasites qui m’envahissent le cerveau sans que je les contrôle.

Je n’arrive à trouver normal que j’éprouve tant de bonheur, arrive toujours un moment où je m’en veux, où cela me dépasse, où j’ai l’impression d’accéder à quelque chose d’interdit et qu’un jour je vais en payer un lourd tribut en contrepartie.

J’ai réalisé tous les fantasmes qu’un homme peut avoir, ou du moins une grande partie, je n’ai jamais compté le nombre d’amant(e)s que j’ai pu avoir, de trois que j ai pu faire, en réalité cela n’a strictement aucune importance.
Et pourtant je suis toujours au même point seul face à désarroi dont je ne comprends ni l’origine ni comment le gérer.
Cette liberté, que nous (en tant que couple) nous sommes offerte, je ne pourrai plus m’en passer. Ces jeux de séduction avec des inconnues, ces femmes dont j’aime tant jouer avec le désir. Et lorsque nous passons des moments avec des conventionnels, comment ne pas s’empêcher de sourire  de cette façon de penser qui nous semble si éloignée désormais de nos convictions, de notre façon de vivre.
Alors réussirai je un jour à stopper totalement ces réflexions ineptes, serai je un jour comme les autres ? En ai je seulement réellement envie ou est ce simplement le fait de ne pas trouver ma place qui me pose question.
Et vous qui lisez ce blogs, n’avez vous jamais de doutes sur qui vous êtes ?

Cet article a été illustré par Mahtthilde, découvrez son travail sur :son blog d’illustrations : inonsens.wordpress.com

son Twitter : @Mahtthilde

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Emmanuel Créateur

A propos de Emmanuel Créateur

Couturier des cordes (shibari) et créateur de liens émotionnels

Amateur d’arts érotiques et hédoniste au quotidien, japonais dans une autre vie, parfois dandy et souvent gastronome.


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15 commentaires sur “Seul face à moi même

  • Mr_Intimement

    Qui sommes nous? Où allons nous? Qu’allons nous devenir?
    Se retourner en arrière et voir le chemin parcouru, voir le chemin qu’il reste a parcourir. Croiser les routes de certains, voir qu’elles sont différentes ou parallèles, parfois tangentes, souvent très distantes.
    Mais être soi, n’est ce pas l’essentiel? Être et non paraître…
    Et je dirais que ces doutes, en faisant de la psychosociologie de comptoir, n’est que la résultante d’une éducation judéo-chrétienne appuyée chez toi, et dont tu as du mal à couper les liens qui vous unissent (paradoxal dans le contexte des cordes).
    Pour vivre sans doute, il faut à mon sens un acte courageux (ou suicidaire selon les points de vues), pour quitter la société et vivre en marge, et ainsi vivre pleinement sa différence…
    Mais je te pose cette question, si tu vivais hors-la-société, ces choses qui te plaisent tant, ces choses relevant de l’interdit, auraient-elles les même saveurs ?

    • Emmanuel Créateur
      Emmanuel Créateur Auteur de l’article

      Quelque part je suis déjà hors la société puisque je ne peux pas parler librement de mes activités, celles ci étant trop souvent sujettes à jugement moral de la part de mes interlocuteurs (et sincèrement je ne prends aucun plaisir a devoir cacher une partie de qui je suis en permanence). Y compris dans les groupes marginalisés que sont les libertins il y en aura toujours pour me trouver infréquentable car trop extrême, chez les bsdm pour me prendre pour un queutard …
      Mais je digresse, le sujet majeur de ce texte c’est la remise en question de soi, de ses pratiques. Remettre en questions c’est aussi s’interroger sur le sens, la manière de faire, le pourquoi, le comment. ces interrogations sont pour moi salutaires, elles permettent d’aller de l’avant et mettre des gardes fous. Je n’envie pas vraiment ceux qui ne se remettent jamais en question 😉

  • Douce

    Quand on prend un chemin de vie, deux solutions peuvent s’offrir. Soit on ne réfléchit pas trop et on avance, soit on pense, ce qui n’empêche pas d’avancer, mais permet, sans nul doute, d’avancer en conscience. Ou plus simplement « la peur n’évite pas le danger » pour utiliser un langage plus populaire et qui parlera à tous.
    Ce que vous faites. A priori. A vous lire.
    En tout cas, vous avez ce mérite là, de l’écrire en public et de nous interpeller. Vous faites bien. Mais qui vous lira vraiment et se posera des questions pour essayer de tenter une réponse, qui n’est pas la vérité, certes, mais qui ne sera que le ressenti personnel de celle ou celui qui tentera de vous répondre. Peut être pour y réfléchir aussi.
    J’ignore si l’impact d’une culture judéo-chrétienne a un coefficient important dans vos réflexions, comme l’affirme un autre de vos lecteurs. Cependant, tout porte à le croire, puisque nous sommes tous plus ou moins de ce « moule » là. Reste à chacun de s’en libérer ou pas. Mais c’est un autre débat.
    Ce qui m’interpelle et m’intéresse dans votre propos, c’est justement votre faculté à vos poser des questions. Ce qui est, disons-le, au risque de fâcher certains, assez peu commun dans ce milieu.
    En effet, bien trop souvent, on s’aperçoit que les hommes s’autoproclament « maîtres » ou » libertins » en ne vivant que leurs fantasmes, sans réfléchir vraiment. Il leur faut une sorte de justificatifs, un sauf-conduit, un alibi, pour s’autoriser à vivre réellement ces relations. On voit pléthores de ces hommes là. Et qui ne se posent jamais de questions,que même parfois ils vivent en cachette. Ou qui évitent de se poser des questions. Parce que prendre ce temps, c’est prendre un risque. Celui de s’arrêter ou d’aller trop loin, peut être. Je ne sais pas. Sans oublier, le nombre incroyable de femmes qui « s’offrent » ici ou là, et veulent absolument vendre leur image « libertine » sur la toile, via, pour les hommes comme pour les femmes, des réseaux sociaux, des sites de rencontres, des blogs et j’en passe. Le « libertinage » est un mode de vie qui s’expose, la société de consommation a là un fort impact et une grande influence. On écrit beaucoup, on « se raconte », bien souvent via des textes truffés de fautes d’orthographes et de photos d’un mauvais goût probant. L’exposition et l’autosuffisance sont fortement développées dans cet univers. Comme un besoin de se rassurer. Un ego surdimensionné anime le libertin et la libertine en général. Encore ce fameux sésame du sauf-conduit. Je suis libertin (ou libertine) je m’expose, j’écris, je me raconte, je suis à la mode ect…même si j’enjolive bien souvent mais ce n’est pas important il n’y a que moi qui le sais, le but étant de faire fantasmer le lecteur et surtout lui faire croire qu’il peut aborder cet univers, peu importe comment. Sans oublier, tous ceux et celles qui font de l’argent avec ce business. Heureusement tous ne sont pas ainsi, il faut le dire aussi de toute évidence, il y a des personnes qui vivent tout cela très bien. Sans exposition permanente et sans déballage. Là aussi, tout cela est un vaste débat et ce n’est pas mon propos ici, quoique qu’il y aurait à débattre je vous l’accorde..
    Vous êtes sans aucun doute possible un cérébral. J’ose penser que vous avez partagé vos réflexions avec votre compagne, puisque ensemble vous vivez ce chemin de vie que vous avez choisi, et que vous semblez apprécier en couple. Bravo à vous. C’est un acte courageux, non pas de le vivre, mais de le partager via votre blog. De vous exposer ainsi, ensemble. Parce que l’on sent très bien en vous lisant que vous parlez sincèrement. Vous vous racontez. En sincérité. En prenant le risque de vous exposer, on ne sent jamais, à vous lire, tout ce que j’ai évoqué plus haut. Ou si peu. On sent juste un souhait de partager des expériences vécues. Car dans cet univers, il faut savoir faire le tri, en effet, tout comme vous le dites si bien, il y des parasites que tout un chacun peut lire sur le net. Et qui malheureusement peuvent influencer les lecteurs non-avertis.
    Cependant, vous avez raison, on est toujours seul, face à soi-même. Ces réflexions vous honorent, elles ne sont pas ineptes, comme vous l’écrivez, d’une part parce que sans pudeur vous les exposez ici, d’autre part parce qu’elles obligeront peut être vos lecteurs/lectrices à se les poser. Ce qui en soit est déjà un grand pas. Je n’ai pas de réponse à vous donner, loin de moi cette prétention. Je ne peux pas vous aider, vous seul trouverez réponse à vos interrogations. Je pense pourtant que vous avez raison de vivre pleinement ces morceaux de vie, sans craindre un retour de bâton quelconque…. ! Le bonheur se cueille quand il est là. Un jour à la fois. Vos désarrois (pour reprendre votre mot) sont bien légitimes, puisque vous avez cette chance de pouvoir réfléchir à votre vie telle que vous la vivez. Continuez et cultivez votre jardin secret en conscience, comme vous semblez le vivre, c’est ce qui fait de vous un homme bien, comme on dit. Un jour, surement, vous serez apaisé quand vous aurez peut être compris pourquoi ce chemin de vie pour vous. Ou peut être pas. Quelle importance en vérité ?…

    • Emmanuel Créateur
      Emmanuel Créateur Auteur de l’article

      Merci pour ce commentaire. Je suis très heureux de vous découvrir, ainsi que votre joli blog (je vais le lire en détail j’y ai vu des choses qui me parlent et me plaisent). Vous avez parfaitement ressenti le message que je souhaitais faire passer dans ce texte. Car oui pour avancer il faut savoir aussi se poser des questions parfois, confronter les opinions divergentes, ne p as suivre aveuglement un programme établi par on ne sait qui. S’interroger c’est avant tout se connaître, se respecter. S’interroger c’est revoir ses pratiques, si elles font toujours sens, si on ne doit pas les améliorer, c’est écouter les conseils des autres et les intégrer pour définir sa voie.
      Ce texte n’attendait pas de réponse, il n’est que le fruit d’un étonnement face à des pratiques qui ne sont pas miennes et auxquelles je n’aspire pas vraiment. Mon chemin c’est celui que je choisi avec L’Onirique, bon ou mauvais, nous en serons les seuls juges, si nous devions un jour le juger. Mais en effet quelle importance, alors que la seule chose qui importe c’est la liberté d’être soi.

      Je vais terminer avec quelques très jolis mots de L’Onirique :

      La liberté que l’on sait donner à l’autre est précieuse.
      Malheureusement peu de gens veulent la liberté, la prendre comme la donner.
      Et la soumission comme la domination et aussi le libertinage, ces personnes ne les voient pas comme un don.

  • chilina

    Sourire, quel dithyrambique commentaire que ce dernier !!!
    Pour ma part, je vous dirai Emmanuel, vivez ce que vous avez à vivre en harmonie avec ceux que vous aimez et qui vous aiment, dans chacun des domaines de votre vie et qui vous conviennent. Le principal est de ne pas semer le mal, la méchanceté et la tristesse autour de vous ( ce qui est loin d’être le cas de tous ! ); Vivez, la vie est courte. L’amour, le sexe, toutes les formes d’expressions de ce mot en font partie et le principal c’est le bonheur, les sourires, le bien être que vous en tirez vous, votre compagne, vos complices …Votre quotidien n’en sera que plus épanoui !
    Si votre route devait prendre une autre direction, cela se fera tout naturellement.
    Je vous embrasse l’Onirique et vous

    • Emmanuel Créateur
      Emmanuel Créateur Auteur de l’article

      Je crois que nous sommes entièrement d’accord 😉 Pour moi le doute est aussi source de progrès, d’amélioration perpétuelle. Est ce là mon esprit d’ingénieur ? en tout cas ce n’est pas source de tristesse de ma part, simplement d’interrogation face à des pratiques qui ne sont pas miennes.
      Bises (L’Onirique se joint à moi évidemment) et merci de vos doux mots

  • e.lilith

    Il y a toujours le doute …Je m’interroge souvent sur qui je suis, ou en quoi je suis si différente au point que l’on me remarque, parce que je me démarque. Et plus encore lorsque la personne qui m’avait offert sa soumission, fuit loin de moi … Il n’y a pas plus douloureux pour moi que de ne pas savoir pourquoi … Personne ne nous appartient, comme nous n’appartenons à personne. Toutefois, il n’est pas si simple de n’appartenir à personne et à aucun groupe. N’avoir aucune référence que Soi-même … Alors, je doute toujours. Mais, je sais une chose, je ne peux être différente, ou semblable aux autres …

  • Eve de Candaulie

    Sourire… moi j’écris des livres où je pose mes questionnements, mes joies, mes extases, mes peines, le décalage continuel entre mon monde libre et ma « vie parmi nous ». Dejà quand j’étais petite, je me demandais si le autres enfants se posaient autant de questions que moi.
    C’est sans doute une question de profil psychologique. Être bien intégré dans la société et pour autant avoir compris que les règles pourraient être autrement.
    Il me semble que tu es humain.

  • Shannasha

    La « solution » si simple est pourtant si complexe est sans doute de réussir à vivre le moment présent. Le moment présent, apprécié et ressenti comme ce qu’il est, un instantané qui n’aura jamais plus d’égal, qui est unique et ne se reproduira jamais, revêt alors l’importance qui lui est due, il y a tant de bonheur dans les choses simples. Malheureusement nous en prenons conscience uniquement lorsque cela nous est retiré.
    Rien que respirer, la conscience que l’on peut respirer pleinement, que l’on est en train de respirer et que c’est une chance qui ne nous est pas due mais offerte…pourrait suffir à nous rendre heureux si nous en avions la sagesse.
    Mais c’est si difficile d’être simple.

  • Florence Inna-Bond

    Pourquoi se poser la question  » serai je un jour comme les autres ?  »
    Être soi avant tout ,avec nos certitudes ,nos doutes ,nos angoisses et nos joies , c’est ce qui fait de chacun de nous un être singulier et unique dans sa sensibilité et son rapport aux autres .S’interroger sur la perception de ses ressentis c’est aussi être dans l’humanité.

  • Vesta

    Des doutes sur qui je suis….j’en irradie par milliers…
    Mais n’est ce pas le propre de l’homme de se questionner? ….nous pouvons consommer du sexe à n’en plus finir, croiser des combinaisons improbables qui ferait rougir le plus libre de nos concitoyens..
    Mais qui sommes nous? Que recherchons nous? Qui suis je?
    Je cherche à ce que le libertinage fasse partie de ma vie mais ne soit pas ma vie car j’ai la sensation d’une perte….d’un horizon qui se réduit alors qu’il devrait s’élargir…
    La sensation d’être différente m’importe peu, je ne suis pas plus, pas moins qu’une autre.
    J’entends des libertins vanter leur mode de vie? Pourquoi? Chacun trouve son chemin dans ces méandres de la vie…..ou pas