Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910 [Musée d’Orsay] 1


Exposition du 22 septembre 2015 – 17 janvier 2016 au musée d’Orsay

http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/au-musee-dorsay/presentation-generale/article/splendeurs-et-miseres-42671.html

Splendeurs et misères.

Un titre particulièrement injuste car la misère ne sera évoquée que de manière sous-jacente, l’expo étant plutôt ludique, se concentrant par trop souvent sur les fards des grandes courtisanes ou des évocations à demi mots, qui si elles firent scandale à l’époque, sont beaucoup plus difficile à décrypter aujourd’hui, alors que la représentation de la sexualité se fait de manière bien plus crue dans la majorité des médias en comparaison de la pornographie de l’époque.

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Edouard Manet, Olympia, 1863

 

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Edgar Degas, L’Absinthe, 1875-76

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Edouard Manet, la prune, 1877

 

Étonnamment c’est la même jeune femme qui servit de modèle à Degas et à Manet pour des représentations bien différentes…

La misère se lit en filigrane, tapie dans l’ombre comme dans la gravure de Vallotton (La voulez vous cette belle brioche? dit l’homme en beau costume noir à la frêle jeune femme qui pour manger devra probablement donner une contrepartie charnelle). dans ces métiers ingrats, couturières, blanchisseuses, que les femmes devaient faire et qui leur permettaient pourtant pas de subvenir à leur besoin. La misère c’est cette prostitution de survie, obligatoire, de jeune, de très jeunes femmes, bien loin des faste de l’hôtel particulier de la Paiva …

 

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Henri GERVEX, Le Bal de l’Opéra de Paris,  1886

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Jean beraud, Les coulisses de l’opéra de Paris, 1889

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Alfons Mucha, La Dame aux Camélias, 1896

La danse, activité perverse, était réservée aux courtisanes et aux prostituées

 

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Rolla d’Henri Gervex (1852-1929)

 

D’ailleurs j’ai été fort étonné des multiples expressions choquées, parfois même outrées de visiteurs, y compris jeunes, en particulier devant les (rares) représentations de triolisme ou d’homosexualité.

 

La’exposition comporte aussi beaucoup d’objets surprenants et inconnus :

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Fouet

 

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La chaise de volupté qui permettait à Edouard VII d’avoir une relation avec deux femmes

 

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Carte de visite et jeton publicitaire de maison close

 

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Photographies de femmes attachées par Charles Francois Jeandel

 

Pour finir la peinture qui m’aura le plus marqué par sa feminité exacerbée :

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Gustav Adolf Mossa, Elle

 

Et pour conclure, un très complet podcast en 4 parties de la Fabrique de l’histoire sur France Culture décryptant et prolongeant cette exposition. (Attention le premier podcast concernant l’expo débute à la moitié, les 3 autres y sont intégralement consacrés. Si vous n’avez le temps que d’en écouter un je vous recommande particulièrement le second).

On y apprendra par exemple que les entrées gratuites pour les femmes trouvent leur origine dans les salons de danse du 19eme siècle, où la danse, activité bien trop lubrique, était interdite aux femmes et en conséquence ces messieurs dansaient surtout avec des prostituées dont la présence était facilitée et encouragée par les lieux, notamment par cette gratuité.

 

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Edgar Degas, Ballet (L’Étoile), vers 1876

 

Intéressant parallèle avec une pratique qui subsiste de nos jours.

 

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Emmanuel Créateur

A propos de Emmanuel Créateur

Couturier des cordes (shibari) et créateur de liens émotionnels Amateur d'arts érotiques et hédoniste au quotidien, japonais dans une autre vie, parfois dandy et souvent gastronome.


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