Quand tout nous rassemble, rencontre de D et S 2


Bacchanale – Jules Dalou – Jardin des serres d’Auteuil à Paris

Il y a parfois des moments si intenses, si agréables que l’on en vient, en y repensant à être frustré d’une myriade de petits détails alors qu’en réalité ce moment était déjà au dessus d’une grande partie de ce que l’on peut vivre. Cette frustration cache surtout celle d’un moment toujours trop court et impossible à prolonger. Celle qui dit qu’on en voudrait plus parce que définitivement c’était très, trop bon.

Sexuellement, certes, mais surtout de rencontrer des gens beaux et intelligents (et c est peu dire que nous angoissions en les attendant, à la vue de la clientèle de l’établissement, lire à ce sujet l article : http://mangerbaiser-blog.com/2015/02/mask-club-libertin/ ), qui partagent nos goûts et nos univers. Discuter librement BDSM , libertinage, cordes et mille autres choses comme si l on se connaissait depuis longtemps alors qu’on échange pour la première fois. Ces alchimies sont rares, chimériques, et pourtant.

Nous voici donc installés, L’Onirique et moi-même, dans un petit canapé / couchette, l’une des spécificités de ce club, à la fois à l’abri dans un recoin sombre pour discuter et attendre tranquillement, tandis qu’une sorte de paravent à motif sexy ciselé dans le bois me donne une vision directe sur le bar et les personnes qui arrivent. Car il y a là un petit jeu fort excitant imaginé par D, sa compagne et soumise va être confiée aux soins d’un couple dont elle ignore encore l’identité, surprise que nous gardons de puis près de deux mois à chacun de ses messages résonnant comme une invitation à se rencontrer.

Un mélange d’impatience et d’appréhension au ventre, nous essayons de deviner qui seront ceux avec qui nous allons partager cette soirée. D’appréhension car après une charmante visite des lieux, qui nous laissent entrevoir de jolies possibilités de jeu, les personnes que nous voyons arriver à mesure des entrées ne nous font guère envie. Etonné par des tenues qui siéraient tout aussi bien aux courses du samedi au supermarché du coin, j’hésite entre fou rire et consternation. Heureusement que nous connaissons ceux avec qui nous avons rendez-vous, j’aurai été enclin à fuir ce lieu rapidement si nous l’avions visité uniquement à deux. Un sosie improbable de Dodo la Saumure semble errer dans les lieux …

Je n’aurai pas le temps de douter de la qualité de nos hôtes, j’aperçois enfin un couple jeune, élégant et surtout dont la demoiselle tenue en collier et en laisse trahit la qualité ostensiblement. Est-ce une impression de ma part due à la fébrilité de l’attente, non je ne le pense pas, ils semblent vraiment posséder une aura très attirante qui les distingue immédiatement des autres convives.

Clins d’œil complices, nous nous sommes reconnus.

La complicité ne s’acquière pas toujours, du moins pas totalement. Elle a une base naturelle qui peut ou non proliférer. Il ne suffit pas de partager des passions ou des pratiques communes. Il n’y a pas de mathématiques dans la complicité. Il y a de l’enchantement.

Et ce soir, il y a eu.

C’est peut-être cela aussi de partager plus que le libertinage. Y ajouter le BDSM, les cordes, le Japon, l’élégance … suffisamment d’éléments pour savoir qu’ils nous sont proches avant de les connaitre. Pas besoin d’hésiter ou de se jauger.

Les esprits déjà en harmonie, il faut que les corps s’unissent. S’entremêlent.

Le lieu pourrait prêter à confusion, ce n’est plus du libertinage, ce n’est pas complètement du BDSM non plus. Une fusion entre les deux, quelque chose qui ne se partage pas en temps normal.

Femmes enlacées mais non lascives, les mains rudoient. Fessées qui font échapper des gémissements de ses lèvres qui se dévorent. Puis plus intrusif je m’en vais explorer de ma main cette fente humide qui m’attire, qui m’avale. Ho bien sur je ne suis pas insensible à cet autre orifice que je vois déjà bien ouvert et qui m’invite. Non je vais te faire languir un peu.

Allongé, deux bouches se disputent mon sexe qui disparait au fond d’une gorge puis de l’autre dans un jeu de cache-cache divin. Qui n’a jamais gouté le plaisir d’une gorge (et non d’une bouche) n’a point vécu. Qui a gouté l’émerveillement de deux gorges a déjà atteint le paradis.

De mes mains je force, prolonge l’extase le plus possible. Là les larmes aux yeux, la bouche dégoulinant de salive je te sais déjà partie dans un autre univers.

L’onirique à genoux, esclave docile et consentante accorde les mêmes plaisirs avec une dévotion qui m’emplissent de fierté.

A genoux je te transperce, non cela n’est pas suffisant je le sens bien, ce n’est pas là que tu as envie. Un peu de salive, attention inutile tant tu m’attends, je sors mon sexe humide du tiens, me présente à l’entrée de ton cul et d’un geste libérateur tu t’empale jusqu’à la garde dessus. La longue chevelure empoignée, je te tire à moi, te force à me regarder dans le miroir en train de t’enculer. Tu aimes, tu délires, tu n’en peux plus de laisser échapper des « ho oui Monsieur » qui gonflent un peu plus mon sexe de fierté à chaque fois. Tu sais que ton cul va me faire jouir, non tu ne vibres plus que pour cet instant ou je vais y verser mon plaisir. Ce que je fais avec un ravissement rarement atteint en club.

[… voyage temporel]

Quelques spectateurs sont venus admirer nos ébats dans cette alcôve fermée par un rideau. Verre à la main, sirotant un cocktail comme au spectacle. La représentation a dû leur plaire vu le temps passé à nous admirer. Profitant de ce moment de complicité et un peu fatigués, je sors de mon sac malicieusement rempli pour l’occasion quelques cordes ainsi que mon Wildcat pour deviser un peu sur leurs usages les yeux brillant des possibilités qu’ils offrent avant de les prêter pour une démonstration qui ne manqua pas d’attirer quelques réactions amusantes de la part de dames voyeuses s’étonnant que l’on puisse attacher des jeunes femmes au plafond (raccourci certes simpliste mais finalement pas si éloigné de la vérité du kinbaku).

C’est sur ce dernier fou rire que nous nous quittons, bien tristes de retourner à notre quotidien alors que des centaines de kilomètres nous séparent.

Découvrez aussi :


Emmanuel Créateur

A propos de Emmanuel Créateur

Couturier des cordes (shibari) et créateur de liens émotionnels Amateur d'arts érotiques et hédoniste au quotidien, japonais dans une autre vie, parfois dandy et souvent gastronome.


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “Quand tout nous rassemble, rencontre de D et S

  • Inna

    J’ai bien aimé découvrir ce tableau d’ impressions . Oserai je dire , une visite virtuelle , en trois D 🙂 .Des mots qui offrent aux lecteurs les interrogations et les sensations de l’avant , du dedans et de l’après .L’intime se délivre et se livre sans pudeurs mais avec un bonheur apparent !

    • Emmanuel Créateur
      Emmanuel Créateur Auteur de l’article

      Merci Inna, c’est en effet bien difficile de cerner et de partager l intangible. Pourquoi avec certaines personnes, dans certaines situations cela se passe mieux ? Quelques indices ici mais ce n’est pas tout, notre dernière rencontre nous a prouvé que l harmonie peut être encore bien plus intime et profonde et peut donner lieu à des partages inattendus comme un moment entre femmes à se coiffer les cheveux, instant bien plus intime que n importe quel ébat et qui n est partageable qu’avec celles qui ont pu sincèrement nous toucher.