La rencontre [Les Chandelles]


Nous avions passé tant de soirées ensemble. Nous nous étions éloignés et pourtant je ne t’ai jamais oublié. Je savais que je te retrouverai un jour.

Je m’apprêtai. Visite chez un respectable bottier parisien pour trouver les one cut idéales pour te séduire. Pas question de te revoir sans m’être paré de mes plus beaux atours.

Le temps a passé, je voulais te retrouver.

Et fut enfin venu le moment.J’allais enfin pouvoir te présenter l’Onirique. Tu ne la connaissais pas encore. Je savais que tu l’aimerais éperdument au premier regard.

Je retrouvais toutes mes habitudes, le trajet pour aller à ta rencontre était toujours gravé dans ma mémoire, je me garais à l’endroit habituel.

J’ai revêtu mon plus beau smoking, ma chemise préférée et ces fameux souliers que j’ai achetés pour toi. Je me suis apprêté toute la soirée, délicatement parfumé, glabre. Je veux te séduire comme autrefois.

Je suis tel un jeune amoureux transi.

Je sonne.

La porte s’ouvre immédiatement, l’Onirique est émue. Tu l’as accueilli comme je l’espérais. Je vous présente, je fais le tour des lieux, retrouvant maints petits détails qui font tous le charme de ton intérieur. Ici un tableau, là des broderies…

Et puis tu nous fais le plus beau de cadeaux. Une charmante jeune femme, à la longue chevelure d’or et de soie. S’approchant de nous avec milles délicatesses, elle veut déjà s’enivrer. Je lui offre mon sexe encore couvert de cyprine, elle le couvre de tendres baisers et de caresses voluptueuses. Un temps séparés par d’autres enchevêtrements de corps, c’est sur nous qu’elle a jeté son dévolu. Patiemment elle attend et nous retrouve. Je me glisse entre ses cuisses, insère consciencieusement ma langue dans chacun de ses orifices. L’Onirique l’enlace, les langues s’entremêlent et se confondent. Je demeure le sexe prisonnier des deux succubes. Une grande partie de la nuit. Jusqu’à l’irrépressible explosion.

Le délicat oiseau s’envole alors, non sans nous adresser un dernier sourire qui surpasse toutes les éloges dicibles.

Dans la nuit, je prends une photo anodine pour me remémorer ce divin moment. Je te retrouve enfin mon cher et adoré, sis rue Thérèse. Je ne te quitterai plus, c’est promis.

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Emmanuel Créateur

A propos de Emmanuel Créateur

Couturier des cordes (shibari) et créateur de liens émotionnels Amateur d'arts érotiques et hédoniste au quotidien, japonais dans une autre vie, parfois dandy et souvent gastronome.

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